Growth & Strategie
Créer un growth model : prévoir votre croissance dans un tableur
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Un growth model est un tableur qui relie vos inputs comme le trafic, le taux de conversion et la rétention à une prévision de chiffre d’affaires. Au lieu d’espérer que la croissance arrive toute seule, vous calculez ce qui se passe lorsque vous actionnez un levier précis. TL;DR : un bon growth model vous montre quel levier a le plus d’effet sur votre chiffre d’affaires, afin d’orienter votre budget et votre attention vers ce qui compte vraiment. Dans cet article, nous construisons un tel modèle étape par étape, en langage clair et sans formules compliquées.
Soyons honnêtes d’emblée : un growth model ne prédit pas l’avenir avec exactitude. Aucun modèle ne le fait. La valeur est ailleurs. Il vous oblige à découper votre croissance en composants et à formuler une hypothèse honnête pour chacun d’eux. Vous voyez alors soudain d’où votre croissance doit venir et quelles hypothèses vous ne pouvez pas encore étayer.
Pourquoi un growth model est plus qu’une prévision de chiffre d’affaires
Une prévision de chiffre d’affaires classique part souvent d’un chiffre souhaité. Vous posez un objectif de revenus en haut et vous remontez jusqu’à ce que cela signifie par mois. Le problème : ce chiffre ne vous dit pas comment y arriver. Vous savez que votre chiffre d’affaires doit croître, mais pas quelles actions le provoquent.
Un growth model inverse le raisonnement. Vous partez des briques que vous pouvez réellement influencer, et ces briques s’additionnent pour former un chiffre d’affaires. La différence tient à la causalité. Une prévision dit : voilà ce que nous voulons atteindre. Un modèle dit : si le trafic, la conversion et la rétention se comportent ainsi, alors voici le chiffre d’affaires qui en sort. Si vous voulez traduire ce résultat en une prévision concrète de votre pipeline et de vos revenus, découvrez comment établir une prévision de croissance réaliste.
Cela correspond exactement à notre vision de la croissance. La croissance n’est pas une tactique isolée, mais un système dans lequel le trafic, la conversion, la valeur du deal et la fidélisation forment ensemble votre moteur de croissance. Un growth model est simplement ce système traduit en chiffres. Si vous voulez d’abord la vue d’ensemble, lisez notre guide sur ce qu’implique précisément le growth marketing, où nous expliquons comment ces composants interagissent.
Les quatre couches d’un growth model
Presque tout growth model B2B se compose de quatre couches qui s’empilent. Entre chaque couche se trouve un ratio : le pourcentage qui passe d’une couche à la suivante. Ces ratios sont vos leviers de pilotage.
- Trafic. Le nombre de personnes qui atteignent votre site ou votre landing page. Sources : SEO, paid, e-mail, social, direct.
- Leads. La part de ce trafic qui remplit un formulaire, demande une démo ou s’inscrit. Le ratio entre les deux est votre taux de conversion de visiteur à lead.
- Clients. La part de vos leads qui achète au final. Le ratio entre les deux est votre conversion commerciale ou win rate.
- Chiffre d’affaires. Le nombre de clients multiplié par la valeur moyenne de vos deals, plus le chiffre d’affaires que les clients récurrents continuent de générer.
Si vous placez ces quatre couches les unes sous les autres dans un tableur et que vous complétez les ratios entre elles, vous tenez le cœur de votre modèle. Modifiez un input en haut et vous voyez immédiatement ce qui arrive à votre chiffre d’affaires en bas.
Un exemple de la logique, sans vous figer sur des chiffres précis. Supposons que vous receviez des visiteurs sur un mois, qu’une partie convertisse en leads, qu’une partie de ceux-ci achète, et que chaque client ait une valeur moyenne. La multiplication de ces maillons vous donne votre chiffre d’affaires mensuel. Doublez votre trafic et laissez le reste inchangé : votre chiffre d’affaires issu des nouveaux clients double. Améliorez plutôt votre taux de conversion et vous tirez davantage de revenus du même trafic.
Étape par étape : construire le modèle
Étape 1 : posez votre axe temporel
Créez des colonnes par mois, par exemple douze mois à l’avance. Les colonnes mensuelles fonctionnent mieux qu’un total annuel, car la croissance est rarement linéaire et vous voulez pouvoir observer les effets saisonniers ou une période de démarrage.
Étape 2 : renseignez vos inputs
Placez en haut votre trafic par canal. Soyez honnête ici. Utilisez vos chiffres réels des derniers mois comme point de départ, pas vos espoirs. Si vous n’avez pas encore de données, estimez prudemment et marquez cette cellule comme hypothèse.
Étape 3 : ajoutez les ratios
Sous votre trafic, placez le taux de conversion vers les leads, et en dessous le taux de conversion de lead à client. Multipliez les couches entre elles. Gardez chaque ratio dans une cellule distincte, afin de pouvoir l’ajuster séparément sans casser la formule.
Étape 4 : calculez jusqu’au chiffre d’affaires
Multipliez votre nombre de nouveaux clients par la valeur moyenne de vos deals. Si vous travaillez avec des abonnements ou des revenus récurrents, ajoutez une couche de rétention : quelle part de vos clients continue de payer chaque mois. C’est justement cette rétention qui fait souvent la plus grande différence sur le long terme, parce que les clients fidélisés s’accumulent.
Étape 5 : rendez les hypothèses visibles
Regroupez toutes vos hypothèses dans un bloc distinct ou donnez-leur une couleur. Un growth model n’a de valeur que si chacun voit sur quoi il repose. Un taux de conversion sorti de nulle part n’est pas une prévision mais un souhait. En marquant vos hypothèses, vous savez exactement où vous avez encore besoin de recherche ou d’un test.
La rétention : la couche que la plupart des modèles oublient
Beaucoup de modèles de croissance s’arrêtent à la première vente. C’est une erreur coûteuse, surtout en B2B. Un client qui reste génère du chiffre d’affaires mois après mois sans que vous ayez à engager de nouveaux coûts d’acquisition. Dans un modèle avec des revenus récurrents, vous voyez que la rétention n’additionne pas le chiffre d’affaires mais le multiplie dans le temps.
Concrètement, cela signifie : ajoutez une ligne qui suit combien de vos clients existants passent au mois suivant. Une petite différence dans ce pourcentage de fidélisation donne, après un an, une grande différence de chiffre d’affaires total. C’est précisément pour cela qu’un growth model est si éclairant.
Quel levier actionner ? C’est là que tout se joue
Une fois votre modèle en place, le vrai travail commence : jouer des scénarios. Augmentez votre trafic d’un quart et regardez ce qui se passe en bas. Faites ensuite la même chose avec votre taux de conversion, puis avec votre rétention. Ce que vous voyez alors, c’est quel levier a le plus grand effet dans votre situation précise.
La réponse diffère d’une entreprise à l’autre. Pour l’une, le trafic est le goulot d’étranglement et il vaut la peine d’investir davantage dans une stratégie SEO pour attirer du trafic ciblé. Pour l’autre, trop de leads se perdent en chemin et le plus grand gain réside dans l’optimisation de la conversion. Un growth model rend ce débat objectif, car vous ne discutez plus d’opinions mais de chiffres que vous pouvez ajuster ensemble.
C’est aussi là qu’un growth model vous préserve des vanity metrics. Plus de visiteurs, cela fait joli, mais si votre conversion ou la valeur de vos deals est trop faible, votre chiffre d’affaires bouge à peine. Le modèle vous oblige à juger chaque métrique sur sa contribution au chiffre d’affaires et au pipeline, pas sur l’allure impressionnante du chiffre.
Erreurs fréquentes lors de la création d’un growth model
- Construire trop compliqué. Un modèle avec cinquante onglets que personne ne comprend ni ne maintient ne vaut rien. Commencez par un seul onglet clair.
- Des hypothèses optimistes. Si chaque ratio est juste un peu trop rose, ces erreurs s’accumulent jusqu’à un chiffre fantaisiste. Calculez plutôt de façon conservatrice.
- Ne jamais mettre le modèle à jour. Un growth model est un document vivant. Renseignez vos chiffres réels dès qu’ils arrivent et comparez-les à vos hypothèses. C’est de là que vous apprenez le plus.
- S’arrêter à la première vente. Sans couche de rétention, vous passez à côté de la plus grande partie de vos revenus futurs.
Du tableur au moteur de croissance
Créer un growth model n’est pas un exercice académique. C’est la manière de rendre votre croissance prévisible plutôt que dépendante de la chance. Une fois en place, il devient votre boussole : il vous dit chaque mois si vous êtes sur la bonne trajectoire et quel levier ajuster.
L’étape suivante consiste à relier le modèle à une exécution réelle, car une prévision sans équipe pour actionner les leviers reste un tableur. C’est exactement ce que nous faisons en tant qu’agence growth marketing : nous construisons le modèle et nous actionnons les leviers, pour que trafic, conversion et rétention forment ensemble un seul moteur de croissance prévisible.
Vous voulez mettre en place votre propre growth model et découvrir quel levier fera le plus croître votre chiffre d’affaires ? Prenez contact et nous le construisons à vos côtés.
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