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Le bullseye framework : bien choisir vos canaux de croissance

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La plupart des entreprises B2B ne choisissent pas leurs canaux de croissance, elles y glissent. Quelqu’un connaît LinkedIn, donc vous allez sur LinkedIn. Un concurrent fait du Google Ads, donc vous aussi. Avant même de vous en rendre compte, votre budget est bloqué dans deux ou trois canaux que vous n’avez jamais consciemment comparés aux seize autres que vous auriez pu tester. Le bullseye framework résout ce problème. C’est une manière structurée de tester et de choisir des canaux de façon systématique, développée par Gabriel Weinberg et Justin Mares dans leur livre Traction. Dans cet article, vous découvrez comment il fonctionne et comment l’appliquer à votre propre croissance.

TL;DR : au lieu de deviner quel canal fonctionne, vous les envisagez tous, vous testez les plus prometteurs dans des expériences bon marché, puis vous concentrez vos efforts sur le seul canal qui rapporte le plus. Pas d’intuition, des preuves.

Pourquoi le choix des canaux dérape si souvent

Il existe grosso modo dix-neuf manières d’atteindre des clients : du SEO et de la publicité payante au content marketing, à l’e-mail, aux partenariats, aux événements, aux RP et à la construction de communauté. La plupart des entreprises en maîtrisent trois ou quatre et ignorent le reste. C’est logique, car on ne peut pas être expert en tout. Mais le problème, c’est que le canal que vous connaissez par hasard n’est pas forcément celui où se trouve votre client idéal, ni celui qui vous apporte les leads qualifiés les moins chers.

Le deuxième problème est l’éparpillement. Les entreprises qui osent expérimenter font souvent l’inverse : elles essaient dix canaux en même temps, avec quelques centaines d’euros par canal. Résultat, aucun canal ne reçoit assez d’attention ou de budget pour prouver vraiment s’il fonctionne. Vous n’apprenez rien et, après trois mois, vous concluez que “rien ne marche”.

Le bullseye framework se situe exactement entre les deux. Il vous force à penser large et à focaliser fort, dans cet ordre.

Les trois anneaux de la cible

Imaginez une cible avec trois anneaux. L’anneau extérieur est large et exploratoire, l’anneau intérieur est là où vous gagnez de l’argent. Vous travaillez de l’extérieur vers l’intérieur.

LES TROIS ANNEAUX DE LA CIBLE Explorer large, puis focaliser net 1 Tous les canaux Brainstormer 19 canaux d'acquisition 2 Prometteurs 3 à 5 expériences peu coûteuses 3 Votre canal principal Exploiter 1 canal à fond Envisagez large, testez bon marché, focalisez net
Le bullseye framework part de l'anneau extérieur vers le centre de la cible.

Anneau 1 : l’anneau extérieur, tout ce qui est possible

Commencez par un brainstorming où, pour chacun des dix-neuf canaux, vous imaginez à quoi ressemblerait une approche raisonnable. Pas s’il va fonctionner, seulement comment vous vous y prendriez. Pour le SEO : quelles intentions de recherche viseriez-vous ? Pour les partenariats : avec quels acteurs pourriez-vous collaborer ? Pour les événements : quels salons votre cible fréquente-t-elle ?

L’objectif de cet anneau est de réduire vos angles morts. Vous vous forcez à prendre au sérieux des canaux que vous auriez normalement écartés. Et c’est souvent là que se cache exactement le canal que vos concurrents négligent, donc celui où la concurrence est la plus faible et les coûts les plus favorables.

Anneau 2 : l’anneau du milieu, ce qui semble prometteur

Dans cette large liste, vous sélectionnez une poignée de canaux, généralement trois à cinq, qui paraissent les plus prometteurs pour votre situation. Pour chacun d’eux, vous concevez une petite expérience peu coûteuse. Les questions auxquelles vous répondez sont simples : combien coûte approximativement l’acquisition d’un client via ce canal, combien de clients pouvez-vous réalistement y atteindre et combien de temps faut-il avant de voir un résultat ?

Le mot-clé ici est “bon marché”. Une expérience n’est pas une campagne complète. Vous voulez obtenir, avec le moins de budget et de temps possible, un signal indiquant si un canal a la moindre chance de réussir. Pensez à un petit test publicitaire, à une poignée d’e-mails à froid ou à un seul article invité, pas à six mois d’investissement dans un blog avant d’oser conclure quoi que ce soit. Les expériences que vous lancez en premier, vous les déterminez au mieux avec un modèle de priorisation ; découvrez comment ICE, PIE et RICE se comparent.

Anneau 3 : le centre de la cible, votre canal principal

Des expériences ressort presque toujours un canal qui performe nettement mieux que les autres. C’est votre canal principal. Et voici la partie que la plupart des entreprises sautent : vous mettez toute votre énergie dans ce seul canal et vous l’exploitez à fond avant de faire quoi que ce soit d’autre.

L’idée sous-jacente est que, à une phase donnée, l’essentiel de la croissance provient d’un canal dominant. Ce n’est que lorsque ce canal atteint son plafond que vous retournez à l’anneau deux pour construire un deuxième canal. La focalisation bat l’éparpillement, presque toujours.

Comment vous y prendre concrètement

Le framework semble simple, et il l’est. La difficulté réside dans la discipline. Quelques principes pratiques vous aident à démarrer.

Définissez à l’avance ce que signifie le succès. Avant de lancer une expérience, déterminez quel résultat signifie “oui, ça fonctionne”. Par exemple un coût maximum par lead qualifié compatible avec vos marges. Sans cette limite fixée à l’avance, vous justifierez après coup n’importe quel résultat.

Mesurez au bon niveau. Beaucoup de canaux paraissent bons à première vue parce qu’ils génèrent beaucoup de trafic ou de clics. Mais le trafic n’est pas du chiffre d’affaires. Jugez un canal sur les leads qualifiés et le pipeline, pas sur des vanity metrics comme les impressions ou les abonnés. Un canal qui apporte peu de leads mais des leads sérieux bat un canal qui ramène beaucoup de bruit.

Surveillez le délai de résultat. Le SEO et le content marketing ont besoin de temps pour prendre, les canaux payants donnent un signal plus rapide. N’enterrez donc pas trop tôt un canal lent, mais soyez honnête aussi : si vous ne voyez aucun signal après une période de test raisonnable, arrêtez.

Répétez l’exercice régulièrement. Les canaux se saturent, les coûts grimpent, votre marché change. Le bullseye framework n’est pas un exercice ponctuel mais quelque chose que vous refaites chaque trimestre ou chaque semestre. Le canal qui était votre moteur de croissance l’an dernier peut perdre son rendement cette année.

Le piège : un canal n’est pas une stratégie

C’est ici que se niche la plus grande erreur de raisonnement que nous voyons chez les entreprises. Elles appliquent le bullseye framework, trouvent un canal qui fonctionne et pensent avoir terminé. Mais choisir un canal, ce n’est pas la même chose qu’avoir une stratégie de croissance.

Le bullseye framework vous dit quel canal utiliser pour atteindre les gens. Il ne dit rien sur ce qui se passe ensuite : comment vous transformez les visiteurs en leads, comment vous qualifiez vos leads, comment vous positionnez votre offre, comment vous relancez et comment vous fidélisez vos clients. Un canal parfaitement choisi qui mène vers une landing page qui ne convertit pas ne rapporte toujours rien.

C’est pourquoi le choix des canaux fonctionne le mieux comme partie d’un système plus large. Le growth marketing est ce système : l’approche qui orchestre le SEO, le CRO, le contenu, les canaux payants et la génération de leads en un seul moteur de croissance prévisible. Le bullseye framework est la pièce qui détermine d’où vient votre flux entrant, mais il ne tourne vraiment que si le reste du moteur est construit aussi. Vous voulez comprendre comment ce moteur s’articule ? Lisez d’abord notre explication sur ce qu’est exactement le growth marketing et comment il fonctionne.

Quand le faire soi-même et quand ne pas le faire

Pour une petite entreprise avec un seul canal évident, le framework est peut-être excessif. Si vous savez que vos clients arrivent exclusivement via des réseaux personnels, inutile de peser dix-neuf canaux. Mais dès que vous voulez vraiment passer à l’échelle et rendre votre croissance prévisible, il devient payant d’aborder les choses de façon structurée plutôt que de continuer à deviner.

Le choix des canaux n’est d’ailleurs pas le plus difficile, l’exécution et l’optimisation continue le sont. Beaucoup d’entreprises optent donc pour une agence de growth marketing qui met en place les expériences, lit les données et aide à exploiter le canal principal à fond, pendant que l’équipe interne se concentre sur le produit. Si vous voulez surtout élargir votre flux entrant, lisez aussi comment augmenter le trafic de votre site web sans vous appuyer uniquement sur le SEO et où se situe la différence entre growth marketing et demand generation.

En résumé

Le bullseye framework n’est pas une astuce mais une discipline de pensée. Envisagez large, testez bon marché, focalisez net. Vous évitez les deux erreurs classiques, choisir aveuglément le canal connu et éparpiller votre budget sur trop de canaux, et vous fondez votre choix sur des preuves plutôt que sur une intuition. Mais retenez ceci : un canal choisi est un début, pas une fin. Le vrai gain se trouve dans le système qui l’entoure.

Vous voulez échanger sur les canaux qui rapportent le plus sur votre marché et sur la façon de les relier au pipeline plutôt qu’à des vanity metrics ? Contactez-nous et nous regardons ensemble où votre moteur de croissance atteindra le plus vite la rentabilité.

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