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Share of voice vs share of market : la règle qui pilote votre budget de marque

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Beaucoup d’entreprises B2B décident de leur budget de marque au feeling. Un montant rond, un pourcentage du chiffre d’affaires, ou simplement ce qui reste après les campagnes de performance. Le problème : aucune de ces méthodes ne vous dit si vous investissez assez pour croître ou si peu que vous perdez du terrain. Il existe un meilleur indicateur, et il repose sur la différence entre le share of voice et le share of market. Dans cet article, vous découvrirez ce que cette différence signifie, pourquoi elle pilote votre part de marché et comment l’utiliser comme modèle de budget.

Share of voice vs share of market : quelle est la différence ?

Le share of market (SOM) est votre part dans le chiffre d’affaires de votre catégorie. Si vous vendez pour 2 millions sur un marché qui pèse 20 millions au total, votre share of market est de 10 %. C’est un résultat : un instantané de votre position d’aujourd’hui.

Le share of voice (SOV) est votre part dans la présence médiatique totale de votre marché. Si tous les acteurs réunis achètent ou gagnent 100 unités d’attention, et que vous en représentez 15, alors votre share of voice est de 15 %. C’est un investissement : un choix que vous faites aujourd’hui sur l’espace que vous occupez dans l’esprit de vos acheteurs.

L’enseignement crucial, c’est que ces deux mesures ne sont pas identiques et ne sont pas censées l’être. Le SOM regarde en arrière, vers ce que vous avez vendu. Le SOV regarde en avant, vers l’attention que vous construisez aujourd’hui. La différence entre les deux n’est pas une erreur de mesure, c’est un levier de pilotage.

Excess share of voice : la règle de croissance

Cette différence porte un nom : l’excess share of voice, ou ESOV. La formule est simple.

ESOV = share of voice moins share of market

Si vous faites de la publicité avec un share of voice de 15 % alors que votre part de marché est de 10 %, vous avez un ESOV positif de 5 points. Vous occupez plus d’espace que votre taille actuelle ne le justifie. Si vous communiquez avec 8 % de voix sur une part de marché de 10 %, vous avez un ESOV négatif de 2 points. Vous êtes plus discret que votre taille.

La règle sous-jacente est l’un des principes les plus largement documentés de la science du marketing, popularisé par les travaux de Les Binet et Peter Field pour l’IPA. L’essentiel : les marques à ESOV positif gagnent des parts de marché à terme, celles à ESOV négatif en perdent. Qui est structurellement plus fort que sa taille croît. Qui est structurellement plus discret rétrécit lentement sans que personne ne le remarque.

Cela explique pourquoi les leaders du marché sont si difficiles à rattraper. Leur part de marché leur permet d’investir le plus en valeur absolue, alors qu’en relatif ils ont besoin d’en faire moins pour conserver leur position. Un challenger qui veut vraiment croître doit sciemment acheter plus de voix que sa part de marché ne le mérite. C’est inconfortable, car vous payez aujourd’hui pour une croissance qui ne se montrera que plus tard.

Pourquoi il s’agit d’un modèle de décision budgétaire

C’est là que l’ESOV devient intéressant. Ce n’est pas un chiffre de reporting que vous regardez après coup, c’est un modèle pour déterminer votre budget à l’avance. Au lieu de demander « combien pouvons-nous nous permettre de dépenser ? », vous demandez « de combien de voix avons-nous besoin pour aller dans la direction que nous voulons ? ».

Le raisonnement est le suivant. Si vous voulez faire croître votre part de marché, il vous faut un ESOV positif. Si vous voulez seulement la défendre, un ESOV proche de zéro suffit : un share of voice à peu près aligné sur votre part de marché. Si vous acceptez de rétrécir, par exemple parce que vous vous repliez sur une niche, vous pouvez vivre avec un ESOV négatif. Votre budget découle donc de votre ambition, et non de ce qui restait par hasard.

Concrètement, vous inversez le calcul. Estimez votre part de marché. Déterminez quel ESOV correspond à votre objectif de croissance. Additionnez les deux pour obtenir une valeur cible de share of voice. Estimez ensuite ce que coûte une part de cette taille dans votre catégorie, sur la base de ce que le marché investit au total. Ce montant est votre point de départ, pas celui que la comptabilité suggère.

Pour une PME B2B, la difficulté est que votre SOV passe rarement entièrement par les médias payants. Votre voix se trouve aussi dans le contenu, dans les événements, dans la visibilité de vos collaborateurs sur LinkedIn et dans les mentions gagnées. C’est une bonne nouvelle : cela signifie que vous pouvez construire un ESOV positif sans les budgets médias d’un leader du marché, en étant malin sur l’origine de votre voix. Ce sont précisément ces choix qu’une stratégie de marque réfléchie vient étayer : pas seulement ce que vous dites, mais l’espace que vous occupez et où.

Les pièges du calcul

L’ESOV est un modèle puissant, mais il est facile de mal l’appliquer. Trois pièges à éviter.

Le share of voice, c’est plus que la publicité. Qui assimile le SOV aux dépenses médias sous-estime sa propre voix. La visibilité organique, les RP, le contenu et la présence de votre équipe comptent. Pour les marques B2B qui vivent de leur expertise, la voix gagnée est souvent le plus grand levier.

L’ESOV achète une direction, pas une vente directe. Un ESOV positif se traduit par une croissance de part de marché sur des trimestres et des années, pas par des leads cette semaine. Qui le juge sur des chiffres à court terme débranche trop tôt. C’est un travail de long terme qui accompagne vos canaux de performance, et ne les remplace pas. Comment rendre visible ce temps de retour plus long, vous le lisez dans mesurer le ROI du branding.

Les données d’entrée doivent être justes. Votre part de marché et l’investissement total de la catégorie sont des estimations. Soyez honnête à ce sujet et utilisez des chiffres ronds et défendables plutôt qu’une fausse précision. L’ESOV est une boussole, pas une calculatrice précise à la virgule.

Comment appliquer cela en pratique

Commencez petit et honnêtement. Estimez votre part de marché dans un marché clairement délimité : un secteur, une région, un type de produit. Plus vous définissez le marché avec précision, plus le chiffre est exploitable. Une PME qui prend « tout le marché B2B » comme catégorie obtient une part de marché inutilement petite. Une PME qui prend « les logiciels comptables pour les cabinets flamands » obtient un chiffre avec lequel on peut travailler.

Cartographiez ensuite votre voix actuelle sur l’ensemble de vos canaux, et comparez-la à votre part de marché. Si vous êtes en dessous, vous savez que vous cédez du terrain aujourd’hui. Si vous êtes au-dessus, vous investissez dans la croissance. Ce seul constat suffit souvent à faire passer une discussion budgétaire du feeling à l’argumentation.

Construire cette avance n’est pas une campagne mais un processus. Une voix constante qui, année après année, dépasse votre taille construit une valeur de marque qui se traduit en préférence, en pouvoir de prix et en cycle de vente plus court. C’est le vrai résultat d’un ESOV positif : pas plus fort pour être plus fort, mais plus grand parce que vous achetez aujourd’hui l’espace que vous remplirez demain.

Vous voulez étayer votre budget de marque avec un modèle plutôt qu’avec une intuition ? En tant qu’agence de branding, nous aidons les entreprises B2B du Benelux à clarifier leur share of voice et à orienter leur investissement vers la croissance plutôt que vers ce qui reste par hasard. Contactez-nous et nous examinerons ensemble votre position actuelle.

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